L’appréciation du Franc congolais sur le marché de change par rapport au dollar américain ne passe pas du tout inaperçue à travers tous les milieux aussi bien d’affaires que politiques de la RD Congo. En dépit de l’accueil combien favorable dont bénéficie ce phénomène d’une manière générale dans l’opinion nationale, allant jusqu’à faire applaudir le gouvernement SUMINWA II pour cet exploit, certains congolais d’autres par contre, au nom d’une impatience facile à expliquer, trouvent à redire arguant que ce bon comportement de la monnaie locale tarde à impacter les prix des biens et des services et ce, d’une manière significative sur les différents marchés. Le Conseil Économique et Social, par le canal de son patron Jean -Pierre Kiwakana n’est pas resté indifférent. Dans un communiqué de presse daté du 14 octobre dernier, le CES a fait entendre sa voix par ses observations claires et positives, liées à cette appréciation, la considérant comme un signal positif pour l’économie et le pouvoir d’achat. Sans vous en dire plus.
voici l’intégralité de ce communiqué de presse:
Le Conseil Économique et Social de la République démocratique du Congo informe l’opinion publique qu’il suit avec une attention particulière l’évolution récente de la situation économique et sociale du pays, marquée par une appréciation notable du franc congolais, la monnaie nationale. Cette évolution favorable résulte des mesures de politique monétaire adoptées par la Banque Centrale du Congo, sur instruction de Son Excellence Monsieur Félix Antoine TSHISEKEDI TSHILOMBO, Président de la République et Chef de l’Etat, en réponse aux déséquilibres conjoncturels provoqués par un excès de liquidité dans le système bancaire.Le Conseil économique et social salue cette évolution favorable, qui devrait avoir des retombées positives, tant directes qu’indirectes, sur l’ensemble de l’économie nationale. En effet l’appréciation actuelle du franc congolais est un facteur économique favorable pour les ménages, les entreprises et l’État congolais.Cette évolution est expliquée à travers la formule classique de la croissance économique :PIB=C+I+G+(X−M)
1. Une hausse du pouvoir d’achat des ménages (C)La valorisation du franc congolais induit que les produits importés coûtent moins cher. Les prix des denrées alimentaires, des produits pétroliers et des biens de consommation baissent, permettant à chaque Congolais d’acheter plus avec le même revenu. Cette situation stimule la consommation intérieure ( C), moteur principal de la croissance.
2. Un effet d’entraînement sur les investissements (I)L’augmentation de la demande intérieure pousse les entreprises à investir davantage pour répondre à cette nouvelle demande. Cela se traduit par plus de production, plus d’emplois et plus de dynamisme économique.
3. Un impact maîtrisable sur les finances publiques (G)Même si l’appréciation peut temporairement réduire la valeur en francs des recettes publiques en devises, cette diminution sera compensée par trois mesures :
• La suppression des allègements fiscaux accordés en 2024 aux importateurs et pétroliers, générant de nouvelles recettes ;
• L’augmentation du volume d’activité économique grâce aux investissements privés ;
• La reprise des exportations de cobalt, soutenue par la hausse des prix internationaux.Par ailleurs La stimulation de l’activité économique par la consommation engendre une augmentation des recettes fiscales indirectes et directes, ressources qui peuvent être réinvesties dans les infrastructures publiques (G), favorisant ainsi un cercle vertueux de croissance inclusive.
4. Des exportations solides et des importations moins chères (X – M)Les produits congolais exportés (cobalt, cuivre, or) sont vendus en devises. Ainsi, l’appréciation de la monnaie nationale n’affecte pas négativement les recettes d’exportation. Parallèlement, les importations deviennent moins coûteuses, notamment pour les produits de base comme le riz, le blé, le maïs ou le pétrole.ConclusionL’appréciation du franc congolais :
• Augmente le pouvoir d’achat des Congolais ;• Stimule l’investissement et l’emploi ;
• Renforce la stabilité économique ;
• Allège le coût de la vie pour la population.
Le Conseil économique et social encourage l’ensemble des acteurs économiques et sociaux à accompagner cette dynamique positive par des actions concrètes en faveur de la production locale, de la stabilité macroéconomique et de la croissance inclusive.
Kinshasa, le 14 octobre 2025
Pour le Conseil économique et social
Jean Pierre KIWAKANA KIMAYALA
Président
Presse CES/ La Percée
