Le lundi 19 janvier dernier, pourtant décrété journée chômée et payée, n’a pas été de tout repos pour la Première Ministre, Judith Suminwa Tuluka, devoir patriotique oblige. Appelée à peaufiner une réponse humanitaire, sécuritaire et judiciaire à la situation dramatique de ses compatriotes de la ville d’Uvira, victimes des atrocités des troupes rwandaises opérant en appui à leurs supplétifs du M23, elle a, au nom du gouvernement, pris la situation à bras-le-corps.
C’est ainsi qu’elle a convoqué ce lundi à l’immeuble du gouvernement, une réunion stratégique d’urgence de haut niveau, ayant pour finalité de soulager tant soit peu, la misère de ses compatriotes en proie à la précarité. Son seul souci est d’apporter une réponse coordonnée à tous les aspects du problème. La Cheffe du gouvernement a ainsi tenu à réunir en urgence les principales parties prenantes de l’État, traduisant ainsi la primauté des impératifs nationaux et la nécessité d’une réponse rapide et coordonnée à la crise.
Étaient présents à cette rencontre, le Vice-Premier Ministre en charge de la Défense nationale, le ministre de la Formation Professionnelle assurant l’intérim du ministre de la Justice, le ministre des Finances, le ministre de la Communication et Médias, le Ministre délégué près le ministre des Affaires étrangères en charge de la Francophonie et de la Diaspora congolaise ainsi que le Vice-ministre des Affaires coutumières, représentant le Vice-Premier Ministre en charge de l’Intérieur empêché.
Outre les membres du Gouvernement, la réunion a également connu la présence des experts de plusieurs ministères concernés et de services spécialisés de l’État, notamment la Direction Générale de Migration (DGM), les services de sécurité et les experts humanitaires, indique une dépêche de la Primature consultée par La Percée.
Pour sa part, le ministre de la Communication et Médias, porte-parole du Gouvernement, Patrick Muyaya, Katembwe, a indiqué que cette rencontre constitue la première d’une longue série destinée à faire le point sur les actions à mener à court et moyen termes, sous la coordination directe de la Première Ministre, Judith Suminwa Tuluka.
Vers une restauration progressive de l’autorité de l’État à Uvira
Il nous revient que les échanges ont porté en priorité sur la situation humanitaire et sécuritaire à Uvira. Le Gouvernement a insisté sur le fait qu’il ne suffit pas d’annoncer un retrait, mais qu’il est impératif de s’assurer de la réinstallation effective et progressive de tous les services de l’État, la ville demeurant encore infiltrée.
« Il ne suffit pas de dire qu’ils se retirent. Il faut s’assurer que les services de l’État sont pleinement réinstallés », a rappelé Patrick Muyaya.
Et de préciser en outre que cette réinstallation ne peut intervenir qu’après l’établissement d’un périmètre de sécurité solide par les FARDC et la sécurisation de la ville par la PNC, y compris dans les zones périphériques d’Uvira.
Le porte-parole du Gouvernement a ajouté que le retour du Gouverneur et des autorités provinciales interviendra dès que les conditions sécuritaires seront réunies, afin de garantir une restauration durable de l’autorité de l’État.
Au plan humanitaire, plus de 267 mille personnes réfugiées dans les pays voisins
À savoir que les discussions de ce jour ont fait la part belle à la situation humanitaire des congolais ayant fui les atrocités de la coalition AFC/M23, appuyée par l’armée rwandaise, et qui sont allés trouver refuge dans les pays voisins. Dans la foulée, le Burundi et la Tanzanie. L’on a dénombré 267 000 réfugiés et déplacés dont 12 000 enfants non accompagnés. Dans ce contexte, nul doute que
la présence de la DGM, des ministères de l’Intérieur et des Affaires sociales visait à préparer les conditions concrètes de ce retour, notamment la réhabilitation rapide des services frontaliers et l’évaluation de l’état des habitations, plusieurs ayant été détruites ou occupées.
C’était pour le gouvernement le lieu de souligner qu’aucun retour massif ne sera autorisé sans évaluations préalables, afin d’éviter de nouvelles vulnérabilités pour les populations concernées.

À l’ordre du jour : Justice et cohésion sociale
La dépêche indique en outre que sous l’impulsion de la Première ministre, la réunion a également abordé la question de la justice et de la lutte contre l’impunité. Des crimes graves commis à Uvira devront faire l’objet de sanctions judiciaires, afin d’empêcher la répétition de violences similaires dans le futur.
Le Gouvernement a par ailleurs salué le patriotisme des communautés locales, qui ont refusé toute tentative d’instrumentalisation et appelé à la préservation de la cohésion sociale. Un message clair a été réitéré. Il consiste à éviter toute stigmatisation communautaire et à fermer toute brèche pouvant être exploitée par l’ennemi
Cette réunion marque le point de départ d’une dynamique gouvernementale structurée, articulée autour d’actions humanitaires, sécuritaires, et judiciaires, visant à restaurer durablement l’autorité de l’État à Uvira, protéger les civils et garantir un retour progressif à la stabilité Ce qui ne va pas sans répondre aux aspirantions profondes du peuple congolais dans son ensemble..
JM
