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Sécurité nationale / briser le plafond de verre: Judith Suminwa veut placer la femme en première ligne de la sécurité

La Première Ministre Judith Suminwa Tuluka a clôturé, ce lundi 30 mars 2026 à Kinshasa-Gombe, le forum des femmes consacré à l’intégration du genre dans la future politique de sécurité nationale. Organisée au Centre Judo du Commissariat de la Police nationale congolaise, dans la commune de Lingwala, cette rencontre a réuni des représentantes de la société civile, des organisations féminines ainsi que la ministre du Genre, Famille et Enfant, Micheline Ombae.

La Première ministre Judith Suminwa a clôturé le forum des femmes sur l’intégration du genre dans la future politique de sécurité nationale. Face à une représentation féminine quasi inexistante dans les forces de défense et de sécurité, la Cheffe du Gouvernement a plaidé pour des réformes structurelles et une participation accrue des femmes aux postes décisionnels.
Portée par le Groupe consultatif des femmes pour la réforme du secteur de sécurité (GCFRSS), avec l’appui de la MONUSCO et du ministère du Genre, l’initiative vise à promouvoir une participation accrue des femmes au sein des institutions sécuritaires, notamment les FARDC, la Police Nationale Congolaise, l’ANR, la DGM et le Conseil National de Sécurité.
Il s’observe que la représentation féminine dans ce secteur de la vie nationale n’est qu’une représentation marginale.
Les données présentées lors du forum mettent en lumière une sous-représentation frappante des femmes dans les services de sécurité.
Selon une étude menée dans quatre provinces — Kinshasa, Ituri, Équateur et Tshopo — les femmes ne représentent que 2,13 % des officiers généraux au sein des FARDC, contre 97,87 % d’hommes. Chez les officiers subalternes, elles atteignent à peine 3,09 %.
La situation apparaît encore plus critique au sein de la Police nationale congolaise, où la proportion féminine plafonne à 0,2 %, avec seulement 0,03 % d’officiers généraux femmes. Des chiffres qui illustrent, selon les participantes, l’ampleur des barrières socio-culturelles, institutionnelles et économiques freinant l’accès des femmes aux carrières sécuritaires.

Judith Suminwa pour une sécurité inclusive

Prenant la parole, la Cheffe du Gouvernement a salué l’initiative et réaffirmé l’engagement de l’Exécutif en faveur d’une politique de sécurité inclusive.
« Le Gouvernement que j’ai l’honneur de diriger est guidé par la ferme conviction que sans inclusion et intégration du genre dans la politique de sécurité nationale, il ne serait en aucun cas possible de parler de politique de sécurité crédible », a-t-elle déclaré.
Insistant sur le rôle stratégique des femmes, Judith Suminwa a martelé : « Les femmes ne sont pas de simples bénéficiaires de la sécurité ; elles en sont des actrices de première ligne », évoquant leur contribution dans la prévention des conflits, la médiation, l’alerte communautaire et la reconstruction.
Elle a également souligné qu’une institution sécuritaire non représentative de la société se prive de compétences essentielles, d’informations de terrain et de la confiance des populations.
Vers des réformes structurelles
La Première ministre a assuré que la question sera portée au plus haut niveau, notamment en Conseil des ministres, afin d’aboutir à des décisions politiques, techniques et administratives concrètes.
De son côté, la point focale du GCFRSS, Faida Mwangilwa, a dénoncé la persistance des stéréotypes et appelé à lever les obstacles structurels qui freinent le recrutement et l’évolution des femmes dans les services de sécurité.

Des recommandations pour l’action

À l’issue des travaux, les participantes ont formulé plusieurs recommandations, dont l’amélioration des politiques institutionnelles dans les forces de défense, la nomination de femmes compétentes dans la chaîne de commandement et l’intégration systématique du genre dans la future politique nationale de sécurité.
À travers cette démarche, le Gouvernement entend réduire les inégalités, lutter contre les violences faites aux femmes et garantir leur participation active à la gouvernance sécuritaire du pays. Une orientation qui s’inscrit dans le premier pilier du Programme d’actions gouvernemental, visant à donner à la femme congolaise toute sa place dans la société.

Willy M

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