Deux ans, jour pour jour, après les élections des gouverneurs et vice-gouverneur du 29 avril 2024, l’acteur politique Junior Botakile sort de son silence et dresse un bilan sévère de la gestion de la province de la Mongala.
Dans une déclaration ferme, l’ancien candidat gouverneur estime que « le silence devient une faute morale » face à ce qu’il qualifie de « souffrance prolongée » de la population.
« Me taire aujourd’hui serait une forme de complicité », affirme-t-il, dénonçant une gouvernance qu’il juge marquée par « des mensonges, de l’improvisation et des abus ».
Des accusations graves de mensonge d’État
Junior Botakile accuse directement le gouverneur Jean Collin Makaka d’avoir induit en erreur le Chef de l’État lors de la 13ᵉ Conférence des gouverneurs tenue à Bandundu-ville.
Selon lui, plusieurs réalisations présentées comme accomplies seraient en réalité inexistantes sur le terrain. Il cite notamment :
un centre financier à Bumba,
un marché moderne à Bongandanga,
un bâtiment administratif à Lisala,
des routes prétendument réhabilitées à plus de 30 %,
ainsi que des projets du Programme de Développement Local (PDL) annoncés comme exécutés à 85 %.
« Ce qui a été présenté n’est pas un bilan, mais une mise en scène », déplore-t-il.
Une province « abandonnée »
Au-delà de ces accusations, Junior Botakile dresse un tableau sombre de la situation générale de la Mongala. Selon lui, aucune des grandes orientations du projet de société du gouverneur n’a été concrétisée.
« La Mongala n’a connu ni transformation, ni modernisation, ni relance économique. Elle est restée figée », regrette-t-il.
Il évoque également un climat politique délétère, marqué par des tensions et des divisions persistantes, là où, selon lui, régnait auparavant une certaine stabilité institutionnelle.
Un appel à la démission
Face à ce qu’il considère comme une gestion défaillante et trompeuse, Junior Botakile appelle clairement à la démission du gouverneur.
Pour lui, « tromper le Chef de l’État, c’est compromettre l’avenir de toute une province », en donnant une illusion de progrès alors que les besoins de la population restent criants.
Ifosela Grâce
