L’Inspection générale des Finances (IGF) a annoncé une nouvelle orientation stratégique dans la surveillance des finances publiques en République démocratique du Congo le mercredi 20 mai 2026 au cours d’une conférence de presse organisée dans l’amphithéâtre ”Etienne Tshisekedi” de son siège de la Gombe.
Lors de sa première conférence de presse depuis sa prise de fonction, l’inspecteur général , chef de service, Christophe Bitasimwa, a présenté le passage de la « patrouille financière » au « contrôle systémique », une réforme destinée à moderniser les mécanismes de contrôle et de lutte contre la corruption.
Une nouvelle approche basée sur la technologie et l’anticipation
Six ans après le lancement de la patrouille financière, l’IGF estime nécessaire d’adapter ses méthodes aux nouveaux défis de gouvernance publique.
Le contrôle systémique vise désormais à renforcer l’utilisation des données, la traçabilité des opérations financières ainsi que l’anticipation des risques grâce aux outils numériques et à l’intelligence artificielle.
Selon Christophe Bitasimwa, cette réforme permettra d’améliorer l’efficacité des contrôles tout en réduisant certaines contraintes observées dans l’ancien dispositif.
La patrouille financière a marqué une étape importante
Au cours de son intervention, le chef de service de l’IGF a reconnu que la patrouille financière avait joué un rôle majeur dans la restauration de l’autorité de l’État et dans la visibilité de l’institution dans la lutte contre la corruption et les détournements des deniers publics.
Cependant, il a également évoqué plusieurs limites liées à cette stratégie, notamment les lourdeurs opérationnelles, les coûts élevés, les effets jugés parfois peu durables ainsi que certaines critiques liées à des soupçons de cogestion.
« Il n’est pas viable de poursuivre à l’identique la stratégie centrée sur la patrouille financière », a déclaré Christophe Bitasimwa.
Un plan stratégique de 39 millions de dollars
Cette nouvelle orientation s’inscrit dans le cadre d’un plan stratégique triennal couvrant la période 2026-2028, évalué à 39 millions de dollars américains.
Selon les responsables de l’IGF, 22 millions de dollars ont déjà été mobilisés, tandis qu’il reste encore 17 millions à réunir pour atteindre l’enveloppe globale nécessaire à la mise en œuvre complète du programme.
Le nouveau dispositif repose sur six axes prioritaires, parmi lesquels figurent la transformation digitale, le contrôle basé sur les risques, la protection du patrimoine de l’État ainsi que l’amélioration de la qualité de la dépense publique.
Moderniser le contrôle des finances publiques
À travers cette réforme, l’IGF ambitionne de renforcer la transparence, l’efficacité et la modernisation du contrôle des finances publiques en RDC.
L’institution souhaite également adapter ses méthodes aux standards modernes de gouvernance afin de mieux prévenir les irrégularités financières et garantir une gestion plus rigoureuse des ressources publiques.
Ce virage stratégique marque ainsi une nouvelle étape dans l’évolution de l’Inspection générale des Finances, appelée à jouer un rôle central dans la consolidation de la bonne gouvernance et de la crédibilité des institutions financières du pays.
Le 2e intervenant , le Chef de Division informatique, Mr Sam Kapem qui est revenu sur l’économie de l’impact de la digitalisation sur les performances du contrôle de l’Igf. Parmi lesquels il a cité le renforcement de la transparence, amélioration de la fiabilité, production rapide des rapports et aussi renforcer la bonne gouvernance
SKM
