Le Vice-Premier ministre en charge de la Fonction publique, Jean-Pierre Lihau, a apporté des réponses précises et rassurantes aux préoccupations soulevées à l’Assemblée nationale concernant la situation des agents de la province du Nord-Ubangi victimes du chevauchement des matricules administratifs.
Interpellé lors de la séance plénière du samedi 13 juin 2026 à l’initiative du député national Antoine Nzangi, le patron de la Fonction publique a surpris les élus en révélant que des solutions concrètes avaient déjà été mises en œuvre pour résoudre ce dossier hérité de plusieurs années de dysfonctionnements administratifs.
Répondant à la question relative aux mesures envisagées pour protéger les droits des agents concernés, Jean-Pierre Lihau a rappelé que son ministère avait pris ses responsabilités conformément au principe de continuité de l’État.
«« Dès que nous avons été informés de cette situation, nous avons estimé qu’il était du devoir de l’État d’assumer les conséquences des actes posés par ses prédécesseurs et de rétablir chaque agent dans ses droits légitimes », a déclaré le Vice-Premier ministre devant la représentation nationale.»
Une mission de terrain à Gbadolite
Conscient de la sensibilité du dossier, Jean-Pierre Lihau a expliqué avoir privilégié une approche de proximité afin de mieux appréhender les réalités vécues par les agents concernés.
À cet effet, il s’est personnellement rendu à Gbadolite, dans la province du Nord-Ubangi, du 29 mars au 2 avril 2026, accompagné de plusieurs députés nationaux. Sur place, des échanges directs ont été organisés avec les agents afin d’écouter leurs préoccupations et d’identifier une solution adaptée.
À l’issue de ces consultations, une option de régularisation a été retenue. Celle-ci consiste à ajouter un indice distinctif à la fin des matricules concernés afin d’éliminer tout conflit de numérotation avec d’autres agents de l’administration publique.
Cette mesure permettra notamment de sécuriser les droits des bénéficiaires en matière de carrière administrative, de rémunération et de gestion des dossiers individuels.
Un arrêté déjà signé pour corriger les anomalies
Le Vice-Premier ministre a également révélé qu’à son retour à Kinshasa, il avait signé, le 8 avril 2026, un arrêté portant correction des irrégularités constatées depuis 2018.
Selon ses explications, cet arrêté a été transmis dès le lendemain à la Secrétaire générale chargée des actifs afin de permettre l’établissement des notifications individuelles destinées aux bénéficiaires.
Les agents concernés appartenant essentiellement au secteur de la santé, un total de 1 417 notifications individuelles est actuellement en cours de préparation par le Secrétariat général à la Santé.
Jean-Pierre Lihau a en outre précisé que plus de 260 agents ont déjà été exceptionnellement intégrés au salaire de base depuis le deuxième trimestre 2026, dans l’attente de la finalisation complète du processus de régularisation.
Une identification biométrique pour sécuriser les droits des agents
Dans la perspective d’une solution durable, le ministre de la Fonction publique a annoncé le déploiement prochain d’une équipe de la Direction de la Base des données numériques des ressources humaines de l’État et Recensement (DBDR).
Cette mission aura pour objectif de procéder à l’identification biométrique de tous les agents concernés afin de sécuriser définitivement leur situation administrative et pécuniaire.
À travers ces différentes mesures, le Gouvernement entend mettre fin à une situation qui a longtemps affecté de nombreux fonctionnaires du Nord-Ubangi et garantir le respect de leurs droits au sein de l’administration publique congolaise.
Cette intervention de Jean-Pierre Lihau devant l’Assemblée nationale a ainsi permis de démontrer que des actions concrètes sont déjà engagées pour apporter une solution durable à ce dossier sensible, tout en renforçant la confiance des agents concernés envers les institutions de la République.
Nordin BK
