Actualités

Séminaire de renforcement des capacités: l’IGF retrace son histoire et ses réformes majeures

L’Inspection Générale des Finances (IGF) a lancé, ce lundi 08 juin 2026 au Restaurant 19, dans la commune de la Gombe, un séminaire de renforcement des capacités destiné à ses partenaires issus notamment des médias et de la société civile. Cette formation, qui se déroulera jusqu’au 13 juin prochain, vise à mieux faire connaître l’institution, son histoire, son fonctionnement ainsi que les progrès réalisés au cours des trois dernières années.

Pendant six jours, les participants seront formés sur les repères historiques de l’IGF, sa philosophie de travail, ses méthodes d’intervention ainsi que les réformes ayant marqué son évolution. L’objectif est de renforcer leurs capacités afin de leur permettre de diffuser une information fiable et objective sur le contrôle des finances publiques.

Dans son mot introductif, le Chef de Service de l’IGF, Christophe Bitasimwa Bahii, a rappelé que l’une des missions essentielles de l’institution consiste à outiller ses partenaires afin qu’ils comprennent mieux son rôle dans la promotion de la bonne gouvernance financière.

Selon lui, cette démarche traduit la volonté de l’IGF de développer une communication utile et transparente, tout en tenant compte du rôle majeur joué par les médias et la société civile dans la sensibilisation de l’opinion publique.

Retour sur les origines et les premières réformes

Le premier exposé a été présenté par Kabongo Tunsala Justin, qui est revenu sur l’organisation, le fonctionnement et les faits marquants de l’IGF entre 1960 et 1986.

L’intervenant a expliqué qu’à la suite de nombreux détournements de fonds publics, de jeunes diplômés du secondaire avaient été recrutés et formés pour assurer certaines fonctions liées à la gestion des finances publiques. Affectés dans plusieurs provinces ainsi que dans les services comptables et financiers, ces agents ont contribué à assainir un secteur alors confronté à de nombreuses difficultés.

Il a souligné que malgré la situation économique difficile de l’époque, ces jeunes contrôleurs ont accompli un travail remarquable. Avec l’arrivée progressive des cadres universitaires à la tête des services financiers, une nouvelle dynamique s’est installée. Plusieurs de ces contrôleurs ont alors poursuivi leurs études afin de répondre aux exigences croissantes des entreprises publiques créées dans le cadre des réformes économiques, notamment la Gécamines et d’autres sociétés d’État.

L’orateur a également mis en lumière le rôle joué par l’École supérieure de contrôle dans la formation des cadres appelés à accompagner la modernisation des entreprises publiques et la gestion des ressources de l’État.

La naissance de l’IGF et son évolution institutionnelle

Le deuxième intervenant, Luvuezo Bikindu Simon, expert-comptable, professeur de la dette publique et ancien commissaire aux comptes à la Régie des Voies Aériennes (RVA), a présenté la genèse de l’Inspection Générale des Finances.

Selon lui, les réformes administratives engagées dans les années 1970 avaient entraîné un relâchement des procédures de gestion financière. Face à la multiplication des irrégularités et des détournements, la Banque mondiale avait recommandé la création d’un service spécialisé de contrôle.

C’est dans ce contexte qu’est née l’Inspection Générale des Finances en 1978. L’institution reposait alors sur deux dimensions essentielles : le contrôle général des finances publiques et l’organisation administrative.

Le premier volet consistait à contrôler toutes les structures bénéficiant des ressources du Trésor public, tandis que le second concernait l’organisation, les structures et les attributions des administrations publiques.

L’intervenant a rappelé qu’en 2003, l’IGF a été rattachée à la Présidence de la République afin de renforcer l’indépendance et la protection des inspecteurs des finances, dont certains faisaient l’objet de menaces. Ce rattachement a permis à l’institution d’élargir son champ d’action et de mener des missions de contrôle au sein des entreprises publiques, des établissements financiers et des banques.

« L’argent se trouve dans la contre-vérification », a insisté l’expert, soulignant l’importance de la rigueur dans le contrôle financier et de l’existence d’un programme d’action structuré pour chaque mission d’inspection.

Il a également évoqué plusieurs missions marquantes réalisées dans différentes administrations publiques, notamment à l’Assemblée nationale, à la DGDA, au ministère de la Santé ainsi qu’au ministère de la Fonction publique, où les investigations des inspecteurs avaient permis de mettre en évidence diverses irrégularités financières.

L’IGF pendant la Transition et la Troisième République

Le troisième intervenant, Batubenga Mbayi Victor, Inspecteur Général des Finances et Chef de Service honoraire, a développé le thème consacré à l’IGF durant la période de transition politique et la Troisième République, en mettant l’accent sur son organisation, son fonctionnement et ses réalisations entre 2003 et 2020.

Son intervention a permis aux participants de mieux comprendre les défis institutionnels auxquels l’IGF a été confrontée durant cette période ainsi que les réformes engagées pour renforcer son efficacité.

Jules Alingete retrace la renaissance de l’IGF

Clôturant cette première journée, Jules Alingete Key, Inspecteur Général des Finances et Chef de Service émérite, a dressé un tableau de la situation de l’IGF avant les réformes entreprises à partir de 2019.

Selon lui, l’institution traversait alors une période particulièrement difficile, marquée par l’absence de recrutement pendant près de huit ans et par un manque chronique de financement.

« Avant 2019, l’IGF avait pratiquement frôlé la disparition », a-t-il déclaré, précisant que le recrutement organisé en 2012 était resté bloqué pendant plusieurs années.

À son arrivée à la tête de l’institution, les inspecteurs les plus jeunes étaient âgés d’environ 50 ans, tandis que les plus âgés dépassaient 60 ans. Cette situation compromettait sérieusement le renouvellement des ressources humaines.

Jules Alingete a estimé que l’avènement du Président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo a marqué un tournant décisif pour l’IGF, permettant à l’institution de retrouver un nouveau souffle grâce aux réformes engagées, au renforcement de ses capacités opérationnelles et à la relance du recrutement.

À travers ce séminaire, l’Inspection Générale des Finances entend renforcer les liens avec ses partenaires et promouvoir une meilleure compréhension de son rôle dans la lutte contre la corruption, la promotion de la bonne gouvernance et la protection des ressources publiques de la République démocratique du Congo.

SKM

Related posts

Acquis diplomatiques comme leviers de protection et réponse humanitaire:Judith Suminwa, pour un leadership opérationnel

La Rédaction

Échange de voeux chez les Nekongo de l’UDPS Tshisekedi: Le SGA Jean Tezo appelle les nekongo à l’amour et à l’unité

La Rédaction

RDC – Rwanda:Les Etats-Unis envisagent des sanctions pour faire respecter l’Accord de Washington

La Rédaction

Leave a Comment