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Conseil de sécurité de l’ONU: Judith Suminwa préside un débat historique sur les violences sexuelles liées aux conflits

La Première ministre de la République démocratique du Congo,Mme Judith Suminwa a présidé, ce mercredi, 08 juillet 2026 ,le débat public de haut niveau du Conseil de sécurité des Nations unies consacré aux violences sexuelles liées aux conflits. Cette séance marque un moment historique, la RDC assurant, pour le mois de juillet 2026, la présidence tournante du Conseil de sécurité, plus de trente ans après sa dernière présidence.
Placé sous le thème « Honorer la promesse du droit international envers les survivants de violences sexuelles liées aux conflits », ce débat s’inscrit dans le cadre de l’agenda « Femmes, paix et sécurité » et réaffirme l’engagement de la RDC à faire de la protection des victimes et de la lutte contre l’impunité une priorité internationale.

Remplacer le droit du plus fort par la force du droit

Intervenant devant les membres du Conseil, la Représentante spéciale du Secrétaire général de l’ONU chargée des violences sexuelles commises en période de conflit, , a salué le leadership de la République démocratique du Congo.

Elle a félicité la RDC d’avoir porté cette problématique devant le Conseil de sécurité, soulignant qu’il s’agit d’un précédent important pour la communauté internationale.

Selon elle, les violences sexuelles continuent d’être utilisées comme de véritables armes de guerre, tandis que les moyens consacrés à l’assistance des survivants demeurent largement insuffisants.

« On estime qu’une femme déplacée ou réfugiée sur cinq dans un contexte de conflit est victime de violences sexuelles. Pourtant, moins de 1 % de l’aide humanitaire est consacrée à leur prise en charge », a-t-elle regretté.

Le rapport du Secrétaire général des Nations unies révèle que les cas les plus nombreux vérifiés ont été enregistrés en République démocratique du Congo, en République centrafricaine, en Colombie, en Haïti et au Soudan. Il souligne également que des hommes et de jeunes garçons sont eux aussi victimes de violences sexuelles, notamment en détention, où ces actes sont utilisés comme instruments de punition et d’humiliation.

Ces crimes illustrent la persistance de l’impunité et rappellent l’urgence de faire prévaloir la force du droit sur le droit du plus fort.

La RDC appelle à des engagements concrets

S’exprimant au nom de la République démocratique du Congo, la Première ministre Judith Suminwa Tuluka a expliqué que la volonté de son pays de présider cette séance dépassait le seul cadre de son expérience nationale.

« Si la République démocratique du Congo a souhaité présider cette séance, ce n’est pas pour faire de son expérience nationale l’unique objet de notre débat. C’est parce que cette expérience douloureuse nous impose une responsabilité : contribuer à une réflexion collective sur un crime qui dépasse les frontières, les régions et les situations inscrites à l’ordre du jour de ce Conseil », a-t-elle déclaré.

La Cheffe du Gouvernement a insisté sur le fait qu’aucune paix durable ne peut être construite tant que les survivantes restent privées de justice, que les communautés demeurent sans réparation et que les auteurs, complices et commanditaires continuent d’agir en toute impunité.

« Notre ambition ne peut plus être seulement de documenter l’horreur après qu’elle a eu lieu. La présidence congolaise du Conseil de sécurité a choisi de commencer par les victimes, parce qu’aucune architecture de paix n’a de sens si elle ne part pas de celles et ceux qui ont payé le prix le plus lourd de la guerre », a-t-elle affirmé.

Une présidence qui renforce le rayonnement diplomatique de la RDC

Ce débat de haut niveau a permis à plusieurs États membres, notamment les États-Unis, la France et le Royaume-Uni, de réaffirmer leur engagement en faveur de l’application effective des résolutions du Conseil de sécurité relatives aux violences sexuelles dans les conflits armés.

La société civile a également apporté sa contribution, notamment à travers l’intervention de la militante haïtienne , qui a plaidé pour une meilleure protection des femmes et des filles victimes de ces atrocités.

Placée sous la devise « Plus de paix, plus de justice, plus de développement, plus de multilatéralisme », la présidence congolaise entend promouvoir un ordre international fondé sur le respect du droit, le dialogue et la prévention des conflits.

Cette responsabilité, exercée seulement six mois après l’entrée de la RDC comme membre non permanent du Conseil de sécurité pour la période 2026-2027, témoigne du renforcement de l’influence diplomatique du pays sur la scène internationale.

En plaçant les victimes au cœur des débats, la République démocratique du Congo démontre sa volonté de transformer son expérience douloureuse en moteur d’une action internationale plus efficace, plus humaine et plus durable pour la paix et la sécurité dans le monde.

SKM

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