La polémique autour du report des élections des ligues de la Fédération Congolaise de Football Association (FECOFA) continue d’alimenter le débat. Mais pour plusieurs observateurs, cette décision ne relève ni d’une stratégie politique ni d’une volonté de prolonger le mandat du Comité de Normalisation (CONOR), dirigé par Me Belinda Luntadila. Selon des éléments issus des correspondances officielles, le financement de ces élections ne dépend pas de la FECOFA. Il relève exclusivement de la Fédération internationale de Football Association (FIFA), qui avait d’ailleurs précisé, dans sa lettre prolongeant le mandat du CONOR, que l’organisation du processus électoral était conditionnée par la disponibilité des fonds nécessaires.
Le report des élections au sein des ligues de la Fédération Congolaise de Football Association (FECOFA) suscite de vives réactions. Accusé de vouloir prolonger son mandat, le Comité de normalisation (CONOR) rejette ces allégations et évoque une contrainte strictement financière liée à l’absence de financement de la FIFA.
Or, la FECOFA ne dispose pas actuellement de ces ressources. Les comptes de la fédération restent gelés en raison d’un litige judiciaire avec l’ancien équipementier O’Neills, ce qui empêche toute mobilisation interne de fonds pour organiser les scrutins.
Pour contourner cette difficulté, le CONOR a proposé à la FIFA la mise en place d’un compte géré par un cabinet financier ou d’audit indépendant afin de faciliter le transfert et la gestion des fonds destinés aux élections. Cependant, ce mécanisme n’étant pas encore opérationnel, les moyens logistiques et financiers nécessaires à la tenue du processus électoral ne sont pas disponibles.
Dans ces conditions, le report des élections apparaît comme une mesure technique imposée par la réalité financière et non comme une décision volontaire du CONOR. Les responsables de la normalisation assurent avoir engagé toutes les démarches nécessaires pour respecter le calendrier électoral.
Cette controverse intervient alors que le comité dirigé par Me Belinda Luntadila fait l’objet d’attaques médiatiques l’accusant d’ingérence dans l’autonomie des ligues ou de manœuvres pour prolonger son mandat. Des accusations que certains qualifient d’infondées, estimant qu’elles visent surtout à discréditer la gestion actuelle de la fédération.
Pour les défenseurs du CONOR, le débat dépasse le cadre du football. Ils y voient également une question de reconnaissance du leadership féminin dans la gestion des institutions sportives, particulièrement en cette période marquée par la célébration de la Journée internationale des droits des femmes.
En attendant le déblocage des financements et la mise en place des mécanismes financiers proposés, les élections devraient être organisées dès que les conditions logistiques et budgétaires seront réunies, conformément aux exigences de la FIFA et aux statuts de la FECOFA. Pour l’heure, les responsables appellent à éviter la désinformation et à préserver l’image du football congolais.
Ci-dessous, l’intégralité de la lettre du CONOR-FECOFA aux Commissions électorales
FEDERATION CONGOLAISE DE FOOTBALL ASSOCIATION
Fondée en 1919. Membre de la FIFA, de la CAF et de l’UNIFFAC
COMITÉ DE NORMALISATION FECOFA
N/Réf.: FECOFA/CONOR/382/2026
Kinshasa, le 06 MARS 2026
Transmis copie pour information à :
- Monsieur le Secrétaire Général de la Fédération Internationale de Football Association, Zurich/Suisse
- Monsieur le Secrétaire Général de la Confédération Africaine de Football, Le Caire/Égypte
- Messieurs et Mesdames Gelson Fernandes, Rolf Tanner, Meryem Atouk, Christoph Suppiger, Franciny Samba Malanda, Ibrahima Kane Toure, Fatou Ba Ndiaye Binetou, Sarah Mukuna
- Monsieur le Président de la Commission Electorale de la FECOFA
- Monsieur le Président de la Commission de Recours Electoral de la FECOFA
Tous à Kinshasa/Gombe
Messieurs les Présidents,
Objet : Demande de réaménagement du calendrier électoral
Le Comité de Normalisation de la Fédération Congolaise de Football Association suit avec une attention soutenue les préparatifs relatifs à l’organisation des élections au sein des Ligues nationales prévues respectivement les 9, 10 et 11 mars 2026 pour la Ligue Nationale de Football des Jeunes (LINAFJ), pour la Ligue Nationale de Football Féminin (LINAFF) et pour la Ligue Nationale de Football (LINAFOOT).
Force est cependant de constater qu’à 72 heures de la tenue des élections prévues à partir du 9, les délégués pour toutes ces ligues ne sont pas encore à Kinshasa faute de moyens financiers.
En outre, il sied de noter que le compte bancaire devant recevoir les fonds provenant de la FIFA destinés à l’organisation logistique, matérielle et financière des élections n’est pas encore ouvert et les ressources financières nécessaires à la prise en charge des différentes dépenses liées à cette organisation ne sont pas encore disponibles.
Cette situation, indépendante de la volonté du Comité de Normalisation de la FECOFA, constitue un cas de force majeure, dans la mesure où elle empêche matériellement la mise en œuvre du chronogramme électoral tel que publié par la Commission Electorale.
Face à cette situation, le Comité de Normalisation invite les deux Commissions à prendre les dispositions idoines aux fins de réaménager le chronogramme prévu pour la tenue des élections des ligues nationales susmentionnées et faire utilement application des dispositions de l’article 5 point d du Code Electoral.
Veuillez agréer, Messieurs les Présidents, nos salutations sportives les meilleures.
POUR LE CONOR/FECOFA
Liliane TSHIMPUMPU WABIDI – Secrétaire Générale
Honoré LOANGO BOELUA BAENDAFE – Vice-Président
Willy M
