Lors d’une récente interview accordée à TV5 Monde, la Première ministre Judith Suminwa Tuluka a choisi de ne pas répondre à deux questions posées par le journaliste. Ce silence, loin de passer inaperçu, a rapidement enflammé les réseaux sociaux, alimentant spéculations et commentaires souvent déconnectés des réalités institutionnelles.
Dans un contexte où l’opinion publique est de plus en plus exigeante en matière de transparence, certains ont vu dans cette réserve un manque de maîtrise ou une gêne.
Pourtant, une lecture plus nuancée s’impose. Comme le rappellent les Écritures saintes : « Mon peuple périt faute de connaissance » (Bible). Une référence qui invite à dépasser les jugements rapides pour mieux comprendre les mécanismes de la communication politique.
En effet, dans l’exercice du pouvoir, tout ne peut être dit, du moins pas à n’importe quel moment ni dans n’importe quel cadre.
Lors d’une interview, un responsable politique n’est pas tenu de répondre à toutes les questions, surtout lorsque celles-ci touchent à des sujets sensibles, stratégiques ou relevant de la confidentialité des institutions. Il s’agit alors moins d’un refus que d’un choix réfléchi, guidé par la prudence et le sens de l’État.
Dans le cas précis de Judith Suminwa, son silence peut être interprété comme une forme de sagesse politique.
Répondre aurait pu exposer des informations prématurées ou empiéter sur des prérogatives réservées au Chef de l’État, Félix Tshisekedi. Or, dans le respect de la hiérarchie institutionnelle et de la déontologie gouvernementale, certaines annonces ou positions officielles relèvent exclusivement de la magistrature suprême.
Ainsi, plutôt qu’un aveu de faiblesse, cette attitude traduit une maîtrise des codes de gouvernance et de communication. Elle rappelle que la politique n’est pas seulement un exercice de parole, mais aussi de retenue.
En définitive, ce type de situation met en lumière un enjeu majeur : la nécessité pour le public de mieux comprendre le fonctionnement des institutions et les exigences de la communication politique. Car sans cette compréhension, le risque demeure grand de confondre silence stratégique et incapacité, au détriment d’une analyse objective des faits. Pour ne pas tomber dans ce piège de reveler les clauses de cet arrangement , la Cheffe du gouvernement a préféré se taire en place et lieu de dire mot.
SKM / LP
