L’intervention de la Première ministre Judith Suminwa Tuluka sur TV5 Monde continue de susciter des réactions, parfois empreintes d’incompréhension. Face à certaines critiques, l’ambassadeur PCA Jean Thierry Monsenepwo est monté au créneau pour rétablir une lecture rigoureuse des faits.
Selon lui, il est essentiel de replacer cette intervention dans son véritable contexte. La gestion des affaires publiques, notamment lorsqu’elle touche aux relations internationales et aux questions migratoires, ne saurait être assimilée à un exercice de transparence immédiate et absolue en direct. Elle obéit à des règles précises, fondées sur la hiérarchisation de l’information, la protection des données sensibles et le respect des circuits institutionnels de communication.
En effet, les éléments relatifs à l’identité et à la nationalité des migrants ne relèvent pas de simples détails. Ils s’inscrivent dans des considérations juridiques, diplomatiques et parfois sécuritaires. Leur divulgation répond à des procédures strictes et ne peut se faire de manière improvisée sur un plateau de télévision.
Dans cette perspective, la Première ministre n’a nullement fait preuve de défaillance. Bien au contraire, elle a adopté une posture de responsabilité étatique, en s’abstenant de livrer des informations sensibles en dehors des canaux appropriés. Réduire cette attitude à une prétendue hésitation relève d’une lecture superficielle, voire politisée, qui méconnaît les exigences de la gouvernance contemporaine.
Car la diplomatie et la conduite des affaires publiques ne s’inscrivent ni dans l’improvisation ni dans la mise en scène. Elles reposent sur un équilibre subtil entre transparence, maîtrise et protection des intérêts nationaux.
Sur le fond, la position du Gouvernement demeure constante et sans ambiguïté : il s’agit d’un accord temporaire, encadré et financé par les États-Unis, mis en œuvre dans le strict respect de la souveraineté de la République démocratique du Congo.
Dès lors, il importe de dépasser les lectures émotionnelles pour privilégier une analyse de fond : celle d’un État qui agit avec méthode, discernement et sens des responsabilités.
En définitive, la Première ministre n’a pas manqué à son devoir. Elle l’a exercé avec la retenue et la rigueur qu’exige la conduite des affaires de l’État.
SKM
