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L’IGF en séminaire Médias et Société civile: Christophe Bitasimwa plaide pour une communication responsable et une mobilisation collective contre la corruption

La quatrième journée du séminaire de renforcement des capacités des partenaires médias et des acteurs de la société civile, organisé par l’Inspection Générale des Finances (IGF) dans le cadre de l’appropriation de son Plan stratégique triennal 2026-2028, a été marquée par une intervention forte de l’Inspecteur Général des Finances – Chef de Service, Christophe Bitasimwa Bahii. Face aux journalistes, responsables des médias et représentants de la société civile, il a lancé un appel à une communication responsable, à l’éthique professionnelle et à une mobilisation générale contre la corruption.

Placée sous le thème « Techniques et stratégies communicationnelles pour l’appropriation du Plan stratégique triennal de l’IGF », cette journée de réflexion a permis d’aborder les enjeux liés à la communication institutionnelle, à la déontologie journalistique et à la vulgarisation des actions de l’IGF auprès du grand public.

Médias et société civile, des acteurs clés de la bonne gouvernance

Modérée par Jérôme Sekana, la session a réuni plusieurs experts, parmi lesquels les professeurs Jean-Chrétien Ekambo Duasenge, Philippe Tonda Kileuka, Frank Mukanya et Arthur Yenga, ainsi que le Directeur général de l’OSCP, Tupa Kamango. Tous ont partagé leurs expériences sur le rôle des médias dans la promotion de la transparence, de l’éthique et de la responsabilité citoyenne.

Prenant la parole, Christophe Bitasimwa Bahii a insisté sur la responsabilité qui incombe aux journalistes et aux organisations de la société civile dans la construction d’une opinion publique éclairée.

« Nous voudrions qu’au sortir de ce séminaire, vous puissiez vous remettre en cause en tant que journalistes et membres de la société civile afin de mieux faire votre travail : communiquer utile, communiquer pour construire et non pour détruire », a-t-il déclaré.

Selon lui, les médias constituent le principal lien entre les institutions publiques et les citoyens. À ce titre, ils ont le devoir de transmettre une information équilibrée, fondée sur les faits et au service de l’intérêt général.

Valoriser aussi les résultats positifs

Le Chef de Service de l’IGF a regretté la tendance de certains médias à privilégier les polémiques et les scandales au détriment des réalisations positives enregistrées dans la gestion publique.

« Dans un pays, il n’y a pas que de mauvaises choses qui se passent. Pourquoi ne met-on pas aussi l’accent sur les bonnes choses qui sont réalisées ? », s’est-il interrogé.

Évoquant les performances de l’Inspection Générale des Finances, Christophe Bitasimwa a rappelé que les missions de contrôle menées par l’institution ont permis de générer plus de 5 milliards de dollars de redressements fiscaux et douaniers, soit près du tiers du budget national. Des résultats qu’il estime insuffisamment relayés dans l’espace médiatique malgré leur impact sur les finances publiques.

Vérifier les sources et respecter l’éthique professionnelle

Au cours de son intervention, le numéro un de l’IGF a également insisté sur la nécessité pour les journalistes de recourir systématiquement aux sources officielles avant toute publication.

« Vous devez aller là où se trouvent les vraies informations. Vérifiez, confrontez les sources et donnez à la population une information juste et équilibrée », a-t-il recommandé.

Il a dénoncé la diffusion d’informations incomplètes ou mal interprétées, notamment dans certains dossiers relatifs à la gestion de la fonction publique, soulignant que la rigueur et la vérification constituent les fondements du journalisme professionnel.

Abordant la question de la déontologie, Christophe Bitasimwa a rappelé que les inspecteurs des finances sont soumis à une stricte obligation de réserve afin de préserver la confidentialité des enquêtes et l’intégrité des procédures.

« Un inspecteur des finances ne peut pas divulguer tout ce qu’il découvre dans l’exercice de ses fonctions. Il est tenu par des obligations professionnelles et déontologiques », a-t-il expliqué.

Il a encouragé les professionnels des médias à défendre leur indépendance et à résister aux pressions susceptibles d’altérer leur objectivité.

La corruption, un défi sociétal

L’essentiel de son message a porté sur la lutte contre la corruption, qu’il considère comme un phénomène profondément enraciné dans les comportements quotidiens.

Selon lui, les actes de corruption ne se limitent pas aux institutions publiques mais trouvent souvent leur origine dans les pratiques courantes observées dans la société.

« Nous sommes tous concernés par les actes que nous posons quotidiennement. Chacun doit s’interroger sur son propre comportement. Nous avons souvenir tendance à dénoncer les autres sans regarder nos propres pratiques », a-t-il affirmé.

Pour Christophe Bitasimwa, les petites entorses aux règles, les faveurs accordées en échange d’avantages ou les traitements de faveur obtenus par des moyens informels alimentent progressivement une culture de corruption qui finit par se refléter dans la gestion publique.

« On ne devient pas un homme nouveau lorsqu’on accède aux responsabilités publiques. Les comportements acquis dans la société nous accompagnent », a-t-il souligné.

Une mobilisation générale pour changer les mentalités

Le Chef de Service de l’IGF estime que la lutte contre la corruption passe avant tout par un changement profond des mentalités, fondé sur l’intégrité, l’éducation civique et le sens de la responsabilité.

Dans cette perspective, il a appelé les médias et les organisations de la société civile à devenir des partenaires stratégiques dans la sensibilisation des citoyens et la promotion des valeurs de bonne gouvernance.

« L’IGF fait partie des institutions engagées dans la lutte contre la corruption. Mais nous considérons que ce combat doit être mené par l’ensemble de la société », a-t-il déclaré.

Avant de conclure, Christophe Bitasimwa Bahii a lancé un appel à la mobilisation de tous les acteurs sociaux.

« Nous comptons énormément sur la presse et sur la société civile. La corruption est une affaire sociétale qui mérite la mobilisation de tous », a-t-il conclu sous les applaudissements nourris des participants.

Cette intervention a constitué l’un des moments marquants du quatrième jour du séminaire IGF–Médias et Société civile, dont l’objectif est de faire des médias et des organisations citoyennes des partenaires privilégiés dans la vulgarisation du Plan stratégique triennal 2026-2028 et dans la promotion de la transparence, de l’intégrité et de la bonne gouvernance en République démocratique du Congo.

LP

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