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RDC / CES: Jean Pierre Kimayala plaide pour un débat constitutionnel serein et des réformes économiques de fond

Face aux nombreux défis qui se dressent devant la République démocratique du Congo, le Conseil économique et social (CES) appelle à privilégier le dialogue, la cohésion nationale et des réformes structurelles ambitieuses. À l’occasion de la clôture de sa session ordinaire d’avril 2026, organisée à Kinshasa, cette institution consultative a livré une analyse approfondie de la situation du pays, marquée par des enjeux institutionnels, économiques, sécuritaires et sociaux majeurs.

Dans son discours de clôture, le président du Conseil économique et social, Jean-Pierre Kiwakana Kimayala, a insisté sur la nécessité d’aborder les questions liées à l’avenir institutionnel de la RDC dans un climat d’apaisement et de responsabilité.

Un débat constitutionnel au service de l’intérêt national
Alors que les discussions autour d’une éventuelle révision ou d’un changement de la Constitution continuent d’alimenter le débat public, le CES appelle les différentes forces politiques et sociales à privilégier une approche fondée sur le dialogue et le consensus.

« Le débat sur la révision ou le changement de la Constitution doit se dérouler dans la sérénité, l’inclusivité et sans personnalisation », a déclaré Jean-Pierre Kiwakana Kimayala.
Pour le président du CES, la question constitutionnelle dépasse les intérêts partisans et les considérations circonstancielles. Elle touche aux fondements mêmes de l’État, à la stabilité des institutions ainsi qu’à la préservation de l’unité nationale. Dans cette perspective, il estime que toute réforme éventuelle doit être guidée par la recherche de l’intérêt supérieur de la Nation.

Une économie confrontée à de multiples défis
Au-delà des questions institutionnelles, le Conseil économique et social a mis en lumière les importantes contraintes économiques auxquelles le pays demeure confronté malgré son immense potentiel en ressources naturelles.

Croissance démographique rapide, chômage des jeunes, faible industrialisation, insuffisance des infrastructures et forte dépendance aux exportations de matières premières figurent parmi les principaux défis identifiés par l’institution.
« L’urgence est extrême », a averti le président du CES.
Selon lui, ces difficultés exigent des réponses audacieuses capables de transformer durablement l’économie congolaise et d’améliorer les conditions de vie des populations.
Le défi démographique au cœur des préoccupations
Le Conseil économique et social attire particulièrement l’attention sur la dynamique démographique que connaît actuellement la RDC.

Avec une croissance annuelle de la population estimée à près de 3 %, le pays voit ses besoins augmenter rapidement en matière d’éducation, de santé, d’infrastructures et d’emploi.

Cette pression est d’autant plus forte que près de la moitié des Congolais ont moins de 15 ans. Si cette jeunesse représente un formidable potentiel de développement, elle pourrait également devenir une source de tensions sociales en l’absence d’investissements suffisants dans la formation et l’emploi.

Pour le CES, il est impératif de placer la question démographique au centre des politiques publiques afin de transformer ce défi en véritable dividende économique et social.
Diversifier l’économie pour réduire la dépendance minière
Le président du CES a également alerté sur la vulnérabilité persistante de l’économie congolaise face aux fluctuations des marchés internationaux.
Malgré son statut de grand producteur mondial de cuivre, de cobalt et d’autres minerais stratégiques, la RDC reste largement dépendante des exportations de matières premières brutes. Une situation qui expose directement les finances publiques aux variations des cours mondiaux.

Le Conseil estime qu’une baisse prolongée des prix des minerais pourrait fragiliser les recettes de l’État et ralentir plusieurs projets de développement.
Pour réduire cette dépendance, l’institution recommande une stratégie axée sur la diversification économique, le développement de l’industrie locale, la transformation des ressources naturelles sur place, le renforcement de l’agriculture ainsi que la promotion d’un entrepreneuriat productif.
Des réformes fiscales destinées à encourager les investissements dans les secteurs créateurs de valeur ajoutée et d’emplois figurent également parmi les recommandations formulées.

L’insécurité et les risques sanitaires comme freins au développement
Le CES a par ailleurs souligné que les défis économiques ne peuvent être dissociés du contexte sécuritaire et sanitaire que traverse le pays.

Dans l’Est de la RDC, la persistance des conflits armés continue de perturber les activités économiques, d’entraîner des déplacements massifs de populations et d’accroître les besoins humanitaires.

À cela s’ajoutent les préoccupations liées à la résurgence de la maladie à virus Ebola dans certaines régions, avec des conséquences potentielles sur la santé publique et l’économie locale.

Selon le Conseil, ces différentes crises démontrent la nécessité d’adopter une approche intégrée du développement, prenant en compte les dimensions économiques, sociales, sanitaires et sécuritaires.
Des recommandations pour les secteurs stratégiques
Au cours de cette session, le Conseil économique et social a également finalisé plusieurs avis et recommandations portant sur des secteurs jugés essentiels pour l’avenir du pays.

Les réflexions ont notamment concerné l’éthique du personnel de santé, la transformation numérique, la gestion des déchets, la réforme du système éducatif, la sécurité alimentaire ainsi que le développement rural.

À travers ces travaux, l’institution entend renforcer sa mission de conseil auprès des pouvoirs publics et contribuer à l’élaboration de politiques publiques adaptées aux réalités nationales.

Un appel à la responsabilité collective
En clôturant les travaux, Jean-Pierre Kiwakana Kimayala a réaffirmé l’engagement du Conseil économique et social à accompagner les autorités dans la recherche de solutions durables aux défis auxquels la RDC est confrontée.

Pour le CES, l’avenir du pays dépendra de la capacité des acteurs nationaux à privilégier le dialogue, à mener les réformes nécessaires et à renforcer la cohésion nationale.

Dans un contexte marqué par des enjeux institutionnels, économiques et sécuritaires majeurs, l’institution se positionne comme un cadre de réflexion stratégique et de concertation, convaincue que les décisions prises aujourd’hui façonneront durablement le destin de la République démocratique du Congo.

Vanique de Samuella

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