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Contrôle systémique: L’IGF élargit son dispositif de contrôle

L’Inspection générale des finances (IGF) entend franchir une nouvelle étape dans la modernisation du contrôle des finances publiques avec la mise en place du contrôle systémique. Cette nouvelle approche a été expliquée aux professionnels des médias par Christophe Bitasimwa, Inspecteur général des finances et chef de service, lors du briefing presse organisé le mercredi 5 août par le ministère de la Communication et des Médias.

Au cours de cette rencontre, le numéro un de l’IGF a expliqué les motivations qui sous-tendent cette réforme, présentée comme un outil destiné à améliorer la traçabilité des ressources publiques et à renforcer la lutte contre la corruption.

Aller au-delà des contrôles classiques

Selon Christophe Bitasimwa, les mécanismes traditionnels de contrôle présentent certaines limites, notamment parce qu’ils ne permettent pas toujours d’avoir une vision complète des mouvements de fonds publics.

L’enjeu du contrôle systémique est donc de dépasser les vérifications ponctuelles pour s’intéresser à l’ensemble des flux financiers qui traversent les différents systèmes de l’État.

« La meilleure façon de combattre la corruption, ce n’est pas par des contrôles qui ne touchent qu’une partie de l’argent public, mais de maîtriser les flux financiers qui circulent dans les différents systèmes de l’État », a-t-il expliqué.

Cette approche doit permettre aux contrôleurs de mieux comprendre les interactions entre les différentes administrations et de détecter plus rapidement les éventuelles irrégularités.

Une vision globale des finances publiques

L’objectif poursuivi par l’IGF est de parvenir à disposer d’une vision aussi globale que possible des ressources publiques : l’argent qui entre dans les caisses de l’État, celui qui circule entre les différentes structures et celui qui en sort.

À travers cette meilleure maîtrise des flux, l’IGF souhaite renforcer ses capacités de détection, de prévention et de correction des irrégularités financières.

Le contrôle systémique apparaît ainsi comme un changement de méthode : il ne s’agit plus seulement d’examiner une opération ou une institution isolément, mais de comprendre l’ensemble du circuit financier afin d’identifier les risques et les éventuels dysfonctionnements.

Le plan triennal 2026-2028 comme levier

Cette nouvelle orientation s’inscrit notamment dans le cadre du plan triennal 2026-2028 de l’IGF, qui prévoit le renforcement des capacités techniques et humaines de l’institution.

L’ambition est de permettre aux inspecteurs des finances de disposer d’outils et de compétences nécessaires pour suivre plus efficacement les mouvements financiers et analyser les relations entre les différents secteurs de l’administration publique.

Cette modernisation devrait également contribuer à améliorer la qualité des contrôles et à rendre l’action de l’IGF davantage préventive.

Un regard particulier sur le Congo profond

L’extension du dispositif de contrôle devrait également permettre à l’IGF de mieux suivre la gestion des ressources publiques en dehors des grands centres administratifs.

Dans le Congo profond, où certains mouvements de fonds publics peuvent être plus difficiles à retracer, l’approche systémique entend renforcer la visibilité sur les opérations financières et réduire les zones d’ombre.

Pour l’IGF, la maîtrise des flux constitue ainsi un élément essentiel pour améliorer la gouvernance financière et lutter efficacement contre les pratiques susceptibles de porter atteinte aux ressources de l’État.

Vers un contrôle plus moderne et plus efficace

Avec le contrôle systémique, l’Inspection générale des finances veut adapter ses méthodes aux nouvelles réalités de la gestion publique. L’objectif est de passer progressivement d’un contrôle essentiellement ponctuel à une approche davantage intégrée, capable de suivre les flux financiers dans leur globalité.

Cette évolution traduit la volonté de l’institution de renforcer son rôle dans la protection des finances publiques et dans la lutte contre la corruption.

En définitive, le contrôle systémique marque une nouvelle étape dans la stratégie de l’IGF : mieux connaître les flux, anticiper les risques, détecter les irrégularités et renforcer la transparence dans la gestion des ressources publiques.

Mauricette KN

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