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Violences faites aux femmes dans l’Est de la RDC: Judith Suminwa interpelle le monde à l’ONU

A l’occasion de la 70ᵉ session de la Commission de la condition de la femme, à New York , la Première ministre Judith Suminwa a appelé ce lundi 9 mars 2026 au siège de l’ONU à New York aux USA, la communauté internationale à assumer ses responsabilités face aux violences subies par les femmes dans les zones de conflit, particulièrement dans l’Est de la RDC.
A New York ce 9 mars 2026, en marge de la célébration de la Journée internationale des droits des femmes, la première femme Premier ministre, Cheffe du gouvernement congolais, Judith Suminwa Tuluka, a porté la voix de la République démocratique du Congo à la tribune des Nations Unies, lors de la 70ᵉ session de la Commission de la condition de la femme. Placée sous le thème « Droits. Justice. Action. Pour toutes les femmes et les filles », cette rencontre internationale vise à accélérer les efforts en faveur de l’égalité et de l’autonomisation des femmes.
Devant les dirigeants et représentants du monde entier, la Cheffe du gouvernement congolais a rappelé que, malgré les engagements internationaux, des millions de femmes continuent de subir violences et discriminations.
D’ailleurs, le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a lui-même dénoncé une régression inquiétante des droits des femmes, soulignant que celles-ci ne disposent encore que de 64 % des droits juridiques reconnus aux hommes.

Les femmes de l’Est, premières victimes du conflit

Dans son intervention, la digne fille de Kimpa Vita, Judith Suminwa a particulièrement insisté sur la situation dramatique des femmes et des jeunes filles dans l’Est de la RDC.
Selon elle, l’agression rwandaise en RDC et l’activisme du groupe armé M23 ont aggravé les violences et la crise humanitaire dans plusieurs territoires.
« Les femmes et les jeunes filles des zones touchées subissent des violences graves, des déplacements forcés et une détérioration profonde de leurs conditions de vie », a-t-elle déclaré, appelant la communauté internationale à ne pas banaliser ces crimes.
La Première ministre a insisté sur le fait que les conflits armés affectent différemment les femmes et les hommes, plaidant pour une reconnaissance plus ferme des violences basées sur le genre dans les zones de guerre.

Des avancées internes, mais des défis persistants

Profitant de la tribune internationale, la Cheffe du gouvernement a également mis en avant les réformes engagées par la RDC pour renforcer les droits des femmes, sous l’impulsion du Président Félix‑Antoine Tshisekedi Tshilombo.
Elle a notamment évoqué l’augmentation de la participation des femmes dans les sphères décisionnelles, passée de 21 % en 2021 à 32 % en 2024, une évolution marquée par la nomination, pour la première fois dans l’histoire du pays, d’une femme à la tête du gouvernement.
Parmi les mesures phares figure également la révision du Code de la famille en 2016, qui a supprimé plusieurs dispositions jugées discriminatoires, notamment l’autorisation maritale limitant l’autonomie des femmes. Cette réforme a aussi fixé l’âge légal du mariage à 18 ans pour les filles comme pour les garçons afin de lutter contre les unions précoces.
Le gouvernement congolais affirme par ailleurs vouloir renforcer l’autonomisation économique des femmes, notamment à travers le Programme de développement local des 145 territoires, destiné à élargir leur accès aux opportunités économiques et à l’entrepreneuriat.

Transformer les engagements en actions

Trente ans après la Déclaration et le Programme d’action de Beijing, Judith Suminwa a exhorté les États membres de l’ONU à combler l’écart entre les promesses et la réalité vécue par des millions de femmes, en particulier celles exposées aux violences extrêmes dans les zones de conflit.
« L’égalité entre les femmes et les hommes ne peut rester un principe proclamé dans les textes. Elle doit devenir une réalité vécue dans la vie quotidienne de chaque femme et de chaque fille », a-t-elle insisté.
La veille de son départ pour New York, la Première ministre avait participé à Kinshasa aux célébrations nationales de la Journée du 8 mars aux côtés de la Première dame, Denise Nyakeru Tshisekedi. À cette occasion, elle avait réaffirmé que l’autonomisation durable des femmes et des filles n’est « ni un privilège ni un cadeau », mais un droit fondamental qui exige l’engagement de tous les secteurs de la société.

Willy M

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