Le Vice-Premier ministre de l’Économie nationale clôture sa mission dans la Tshuapa par un diagnostic sans complaisance et des engagements concrets en faveur du développement local
Après plusieurs jours d’itinérance à travers la province de la Tshuapa, le Vice-Premier ministre, ministre de l’Économie nationale, Son Excellence Daniel Mukoko Samba, a achevé sa mission économique le mardi 23 juin 2026 dans le territoire de Bokungu. Une étape importante qui lui a permis de prendre la mesure des défis auxquels sont confrontées les populations locales, mais également d’identifier les leviers susceptibles de relancer l’économie de cette partie stratégique de la cuvette centrale congolaise.
Arrivé à Bokungu après près de onze heures de navigation en canot rapide depuis Boende, le patron de l’Économie nationale a lui-même expérimenté les difficultés de déplacement auxquelles sont quotidiennement confrontés les habitants de la région. Un trajet éprouvant qui illustre l’ampleur de l’enclavement dont souffrent plusieurs territoires de la province.
L’enclavement, principal frein au développement
Au cours de cette visite, Daniel Mukoko Samba a dressé un constat préoccupant : Bokungu connaît une déconnexion économique progressive qui freine considérablement son développement.
Autrefois dynamique et fortement intégré aux échanges commerciaux régionaux, le territoire tirait sa prospérité de l’exploitation et de la commercialisation de plusieurs produits agricoles et forestiers, notamment le café robusta, le cacao, l’huile de palme, le manioc, le maïs ainsi que divers produits issus de la forêt.
Ces productions alimentaient alors des circuits commerciaux actifs vers Mbandaka et Kinshasa. Aujourd’hui, cette dynamique s’est fortement affaiblie sous l’effet combiné de la dégradation des infrastructures routières, de la raréfaction du transport fluvial régulier, de la disparition progressive de nombreux ports secondaires et de l’augmentation constante des coûts logistiques.
Pour le Vice-Premier ministre, le principal combat à mener demeure celui de la réduction du coût du transport.
« Pour reconnecter Bokungu, Monkoto, Boende, Befale, Ikela et les autres territoires enclavés à l’économie nationale, il faut d’abord réduire le coût du déplacement des personnes et des marchandises », a-t-il déclaré.
Réduire les coûts logistiques pour relancer la production
Daniel Mukoko Samba estime que les producteurs locaux sont aujourd’hui pénalisés par l’un des systèmes logistiques les plus coûteux du continent au regard de la valeur des marchandises transportées.
Routes de desserte agricole impraticables, insuffisance des moyens de transport fluvial, coûts élevés du carburant, difficultés de maintenance, ruptures de charge répétitives et multiplication des prélèvements informels constituent autant d’obstacles qui réduisent la rentabilité des activités économiques.
Face à cette réalité, le ministre de l’Économie nationale a insisté sur la nécessité d’agir rapidement.
« Sans une réduction substantielle des coûts logistiques, aucune relance durable de la production locale ne sera possible », a-t-il affirmé.
Selon lui, le véritable défi n’est pas l’absence de ressources ou de capacités productives, mais plutôt la difficulté à acheminer efficacement les produits vers les marchés de consommation.
Une attention particulière portée à l’éducation et à l’entrepreneuriat féminin
Au-delà des questions économiques, la mission du Vice-Premier ministre a également été marquée par plusieurs visites de terrain à caractère social et communautaire.
La délégation gouvernementale s’est notamment rendue sur le chantier de construction du premier bâtiment de l’Université de Bokungu. Lancés en 2025, les travaux progressent malgré les nombreuses contraintes logistiques liées au transport des matériaux depuis Kinshasa.
Cette future institution universitaire représente un investissement majeur pour l’avenir de la jeunesse locale et un levier important pour le développement du capital humain dans la région.
Le Vice-Premier ministre a également accordé une attention particulière à l’autonomisation des femmes en rencontrant les représentantes de la Ligue des femmes de Bokungu ainsi que celles de l’Association des mamans maraîchères, une structure regroupant près d’une soixantaine d’associations locales.
Au cours des échanges, ces organisations ont présenté leurs préoccupations relatives à l’accès aux semences améliorées, aux équipements agricoles et aux matériels nécessaires pour accroître la production maraîchère.
Sensibilisé à ces besoins, Daniel Mukoko Samba a annoncé un premier appui gouvernemental destiné à soutenir les activités de ces associations féminines à travers la fourniture de semences améliorées et d’équipements de travail.
Des défis structurels à relever
Les discussions avec les opérateurs économiques locaux ont également mis en lumière plusieurs contraintes structurelles qui freinent l’essor économique de Bokungu.
Parmi celles-ci figurent notamment l’absence de services bancaires, les difficultés d’accès au crédit, la faiblesse des investissements privés ainsi que les problèmes liés au transport fluvial, principal moyen de communication avec le reste du pays.
Conscient de ces défis, le Vice-Premier ministre a indiqué que l’amélioration des infrastructures de santé ainsi que le renforcement des moyens de transport feront partie des priorités envisagées pour soutenir le développement du territoire.
Reconnecter les territoires à l’économie nationale
Pour Daniel Mukoko Samba, le potentiel économique de Bokungu ne fait aucun doute. Les terres fertiles, les ressources naturelles abondantes et la disponibilité de la main-d’œuvre constituent des atouts majeurs pour le développement de la région.
Cependant, tant que les coûts de transport demeureront excessifs, ces richesses continueront de produire moins de valeur qu’elles ne le pourraient.
« Le problème de Bokungu, comme celui de Monkoto ou de Boende, n’est pas l’absence de potentiel économique. Les terres sont là, les ressources sont là et les populations sont là. Le véritable obstacle demeure le coût exorbitant du kilomètre parcouru entre le champ, le marché local, le port et les grands centres de consommation », a souligné le Vice-Premier ministre.
Une mission porteuse d’espoir
La mission économique conduite par Daniel Mukoko Samba dans la province de la Tshuapa aura permis de mettre en lumière une réalité souvent méconnue : le principal défi des territoires de la cuvette centrale congolaise n’est pas le manque de ressources, mais leur isolement progressif des grands circuits économiques nationaux.
Les constats réalisés sur le terrain ainsi que les recommandations formulées au terme de cette tournée serviront de base à l’élaboration d’actions de suivi destinées à améliorer durablement les conditions de vie des populations concernées.
À Bokungu comme dans plusieurs territoires de la Tshuapa, l’espoir renaît désormais autour d’une conviction partagée : reconnecter les populations aux marchés constitue la clé indispensable pour transformer les immenses potentialités locales en véritable moteur de croissance et de prospérité.
Ladya’s K
