Depuis Kisantu ce lundi 23 février 2026, le gouvernement congolais a franchi une nouvelle étape dans sa politique d’amélioration de l’offre sanitaire et de formation médicale. La Première Ministre a procédé, ce lundi, à la pose de la première pierre des Cliniques universitaires de l’Université Kongo, donnant le coup d’envoi d’un chantier présenté comme l’un des plus ambitieux projets hospitaliers de la province.
Présenté comme un projet structurant pour la formation médicale et l’offre de soins dans le Kongo Central, le futur complexe hospitalo-universitaire ambitionne de renforcer l’accès aux services de santé tout en soutenant la recherche et l’autonomie pharmaceutique du pays.
La cérémonie de la pose de la première pierre s’est déroulée devant plusieurs membres de l’exécutif national, les autorités provinciales et une foule venue nombreuse assister à cet événement.
Étudiants, chefs coutumiers, militants politiques, opérateurs économiques et mouvements de jeunesse ont pris part à cette mobilisation populaire, signe de l’attente suscitée par ce projet.

Un symbole politique et historique
Les futures polycliniques, appelées à porter le nom de la Cheffe du Gouvernement, ont été présentées par les organisateurs comme un double symbole : celui de l’accession de la première femme à la tête du Gouvernement de la République démocratique du Congo, mais aussi celui de la représentation du Kongo Central au sommet de l’exécutif.
Le recteur de l’université, le professeur Germain Kuna Maba Mambuku, a salué un acte qu’il a qualifié d’« historique », estimant qu’il s’agit d’une infrastructure appelée à marquer durablement l’enseignement médical national. Il a également invoqué la figure de Kimpa Vita, présentée comme une référence spirituelle et culturelle pour la province.

Un levier pour refonder l’offre de soins
Pour le ministre de la Santé, Samuel Roger Kamba, la construction de ces cliniques constitue un jalon important dans la transformation du système sanitaire congolais. Il a souligné l’absence d’infrastructures d’urgence le long de l’axe routier très fréquenté de la région, évoquant le rôle futur de l’hôpital dans la prise en charge rapide des accidentés.
Le projet prévoit également l’installation d’un laboratoire dédié à la valorisation de la pharmacopée locale, avec l’objectif affiché de contribuer à une plus grande autonomie pharmaceutique nationale.

Un projet structurant pour la province
Le gouverneur Grâce Bilolo a insisté sur la dimension identitaire et symbolique de l’initiative, y voyant un marqueur de progrès social et culturel pour la province. Dans la même logique, la ministre de la Jeunesse a souligné l’impact attendu pour les étudiants en médecine, qui pourront désormais effectuer leur formation pratique sur place, sans dépendre systématiquement des structures universitaires de Kinshasa.

Un complexe hospitalier de grande capacité
Le projet prévoit la construction d’un hôpital universitaire d’une capacité de 3 000 lits, doté de services médicaux complets destinés à répondre aux besoins sanitaires régionaux tout en servant de centre de formation et de recherche.
Le premier module est estimé à 6,7 millions de dollars, auxquels s’ajoutent 2,5 millions pour l’équipement médical. Sa réalisation est annoncée sur une période d’un an et demi. À terme, l’université envisage un complexe médical global évalué à 50 millions de dollars, dont le financement reposera sur un modèle mixte combinant collecte numérique et investissements participatifs.
À travers ce projet, l’Université Kongo entend s’inscrire dans la politique nationale visant à renforcer l’accès aux services de base, notamment la santé et l’éducation, deux secteurs présentés comme prioritaires pour le développement du pays.
Willy M
