L’opposition politique congolaise, réunie au sein de la coalition anti-révision constitutionnelle C64, a annoncé l’organisation d’une journée « ville morte » le mercredi 3 juin prochain afin de protester contre l’examen de la proposition de loi sur le référendum en République démocratique du Congo.
Cette décision intervient après le boycott, par l’opposition parlementaire, de la séance consacrée à l’examen de cette proposition de loi à l’Assemblée nationale.
Martin Fayulu appelle à la mobilisation populaire
Aux côtés de plusieurs figures de l’opposition, Martin Fayulu a invité la population à se mobiliser contre ce qu’il considère comme une tentative de remise en cause de l’intégrité du pays.
Les leaders de l’opposition accusent une nouvelle fois le Président de la République, Félix Tshisekedi, de vouloir favoriser un projet de balkanisation de la RDC, qu’ils estiment mené en complicité avec le Rwanda.
Selon Martin Fayulu, cette journée « ville morte » ne constitue qu’une première étape d’une série d’actions politiques et populaires destinées à empêcher l’aboutissement du projet de loi sur le référendum.
L’appel à la mobilisation a également été adressé aux organisations de la société civile ainsi qu’à l’ensemble des citoyens attachés à la défense de la Constitution et de l’unité nationale.
Des tensions politiques autour du projet de loi
Dans leur déclaration commune, les membres de la coalition C64 estiment que le débat autour du référendum risque d’alimenter davantage les tensions politiques et institutionnelles dans le pays.
Pour l’opposition, les priorités nationales devraient plutôt être orientées vers le rétablissement de la sécurité dans l’Est de la RDC ainsi que vers la préservation de l’intégrité territoriale face aux menaces sécuritaires persistantes.

Les opposants considèrent également que le contexte actuel ne favorise pas l’ouverture d’un débat sur des réformes institutionnelles majeures.
Une proposition de loi déjà jugée recevable
Il convient de rappeler que la proposition de loi sur le référendum avait déjà été déclarée recevable par l’Assemblée nationale le 30 avril dernier.
Cette initiative législative est portée par le député Pascal Ngondankoy, qui plaide pour la mise en place d’un cadre légal permettant l’organisation de consultations référendaires en RDC.
Alors que les débats politiques se poursuivent autour de cette question sensible, la journée « ville morte » annoncée par l’opposition pourrait constituer un nouveau test politique dans un climat déjà marqué par de fortes tensions institutionnelles et sécuritaires.
LP
