Réunis dimanche 22 février 2026 à la salle La Conforta, dans la commune de Kasa-Vubu, les Nekongo de l’UDPS/Tshisekedi ont échangé leurs vœux du Nouvel An dans une ambiance festive et militante. Mais au-delà des accolades et des chants, c’est l’intervention du professeur Michel Disonama qui a marqué les esprits, dressant un diagnostic sans détour du développement du Kongo Central et appelant à une mobilisation collective.
Au son de la chanson « Suminwa », symbole d’un tournant historique pour les militants, les cadres et sympathisants nekongo de l’UDPS ont transformé cette cérémonie de vœux en véritable tribune politique.
Parmi les intervenants, le professeur Rémy Massamba, ancien secrétaire général du parti (2003-2008), a rappelé l’ancrage historique des Nekongo dans le combat démocratique porté par l’UDPS, parti fondé par feu Étienne Tshisekedi, le « Sphinx de Limete ».
Selon lui, le peuple Kongo n’a jamais été spectateur, mais acteur engagé dans la consolidation du parti présidentiel.
Michel Disonama : un plaidoyer structuré pour le développement
Le professeur Michel Disonama a donné à la rencontre sa dimension stratégique. Son intervention, dense et chiffrée, a mis en lumière les défis et les opportunités du Kongo Central.
Province représentant à peine 2 % du territoire national, le Kongo Central compte pourtant 10 territoires, deux villes – Matadi et Boma – et près de 8 millions d’habitants, dont un quart issu d’autres provinces. Un dynamisme démographique et économique que l’orateur considère comme un atout majeur.
Michel Disonama a articulé son plaidoyer autour de quatre piliers :
- L’agriculture .
Avec 55 % de la population engagée dans des activités économiques, la province dispose d’un potentiel certain. Toutefois, sur ses vastes étendues, seulement deux millions d’hectares seraient réellement fertiles. Pour lui, l’augmentation de la production agricole est indispensable, notamment en perspective du port en eaux profondes, afin d’éviter que les contenaires repartent à vide. - L’énergie .
Sans courant industriel stable, aucune transformation structurelle n’est envisageable. L’industrialisation du Kongo Central passe impérativement par un investissement massif dans l’électricité. - Les infrastructures routières et aéroportuaires.
Sur 17 000 kilomètres de routes, à peine 1 000 sont asphaltés. À cela s’ajoutent 1 400 ponts, dont une grande partie en état de délabrement, et seulement deux aérodromes. Un réseau qui, selon lui, freine l’essor économique. - Le fleuve Congo .
Traversant la province sur près de 400 kilomètres, le fleuve n’offre que 70 kilomètres réellement navigables. Un paradoxe logistique pour cette province stratégique ouverte sur l’Atlantique.
Face à ces défis, Michel Disonama a interpellé le secrétaire général et président a.i. du parti, Augustin Kabuya, afin qu’il soutienne davantage les fédérations provinciales dans leur travail de terrain.
L’assistance est repartie avec une vision claire : le développement du Kongo Central exige planification, production et cohésion politique.
Augustin Kabuya prêche l’amour
Invité spécial de la cérémonie, Augustin Kabuya a reçu un aigle en guise de présent des femmes dynamiques du parti, notamment Ndona Nadine Nsumbu. Dans son allocution, il a appelé les Nekongo à faire de l’amour et de l’unité un véritable mode de vie.
Se disant fier d’être secrétaire général nommé depuis le Kongo Central, il a exhorté les militants à préserver l’authenticité du parti : « Nous ne pouvons pas copier les autres. Nous devons rester nous-mêmes, avec respect et discipline », a-t-il martelé.
Évoquant l’élévation de Joseph Kasa-Vubu au rang de Héros national sous le Président Félix Tshisekedi, il y voit un signe fort pour la communauté Kongo. Il a également souligné que la nomination de Judith Suminwa Tuluka, première femme Première ministre est originaire du Kongo, relevait d’un « destin ».
La rencontre, rendue possible grâce à l’implication du SGA Jean Tezo N’kiansi et du comité organisateur conduit par Joseph Mbundu, s’est clôturée dans une ambiance fraternelle.
Au-delà des vœux échangés, un message fort s’est dégagé : pour les Nekongo de l’UDPS/Tshisekedi, 2026 doit être l’année de la cohésion et de l’émergence économique du Kongo Central.
Willy M
