En déplacement à Kalemie, chef-lieu du Tanganyika, la Première ministre Judith Suminwa Tuluka a procédé, ce 2 mars 2026, au lancement officiel du programme national des cantines scolaires. Une initiative structurante qui vise à consolider la gratuité de l’enseignement primaire et à renforcer le capital humain, avec l’appui du Programme alimentaire mondial et de l’Agence française de développement.
Kalemie, point de départ d’un déploiement national
C’est à l’école primaire Kifungo, qui accueille près de 250 élèves, que la Cheffe du Gouvernement a donné le coup d’envoi de ce programme appelé à s’étendre progressivement à l’ensemble du territoire national.
Accueillie par le gouverneur du Tanganyika, Christian Kitungwa, en présence des élus provinciaux et d’une population mobilisée, la Première ministre Judith Suminwa a tenu à marquer un symbole fort : le développement doit partir des territoires.
« Le développement ne doit pas commencer à Kinshasa pour descendre vers les provinces. Il doit partir des territoires », a-t-elle déclaré, faisant de Kalemie le laboratoire d’une réforme à vocation nationale.
Cette cérémonie s’est inscrite dans le cadre de la Journée africaine de l’alimentation scolaire, célébrée le 1er mars sous l’égide des Nations Unies, autour du thème de l’accès à des repas nutritifs et à l’eau potable pour garantir la sécurité et la résilience des élèves.

Consolider la gratuité par la qualité
Après la gratuité de l’enseignement primaire et le Programme de développement local des 145 territoires (PDL-145T), l’exécutif franchit une nouvelle étape en plaçant le bien-être des élèves au cœur de la politique éducative.
Pour Judith Suminwa Tuluka, l’accès à l’école ne suffit plus : il faut garantir des conditions d’apprentissage dignes. La distribution quotidienne d’au moins un repas équilibré vise ainsi à lutter contre la faim, réduire le décrochage scolaire et améliorer la concentration ainsi que les performances des élèves.
La ministre d’État en charge de l’Éducation nationale et de la Nouvelle citoyenneté, Raïssa Malu, a souligné que cette ambition est désormais inscrite dans la Stratégie nationale de l’alimentation scolaire 2025-2030, validée en août dernier.
« Chaque franc investi dans une assiette scolaire est un levier de croissance », a-t-elle affirmé, insistant sur la transformation de la dépense sociale en investissement productif pour le capital humain.
Un partenariat stratégique
Financé sur fonds propres du Gouvernement, le programme bénéficie de l’accompagnement technique et financier du Programme Alimentaire Mondial et de l’Agence française de développement.
Le représentant et directeur-pays du PAM, David Stevenson, a salué l’adoption de la stratégie nationale et rappelé que son organisation appuie déjà 78 écoles primaires dans la province du Tanganyika. Il a réitéré l’engagement du PAM à œuvrer aux côtés des autorités congolaises pour renforcer durablement les programmes d’alimentation scolaire.
Agriculture scolaire et dynamisation locale
Au-delà de la simple distribution de repas, le Gouvernement mise sur une approche intégrée. La Première ministre a visité les potagers et champs scolaires destinés à alimenter les cantines, illustrant la volonté de soutenir les marchés locaux et de stimuler l’économie communautaire.
En partageant un repas avec les élèves, la Cheffe du Gouvernement a voulu marquer le caractère concret et immédiat de cette réforme.
Pour les parents et habitants de Kalemie, l’initiative constitue un soulagement pour de nombreux ménages et un espoir d’amélioration des résultats scolaires.
Un pilier du Programme d’action 2024-2028
Ce projet s’inscrit dans le quatrième pilier du Programme d’action du Gouvernement 2024-2028, axé sur le renforcement du capital humain et l’accès aux services sociaux de base.
Avec le lancement des cantines scolaires, l’exécutif entend ainsi franchir un cap : faire de l’école congolaise non seulement un lieu d’instruction, mais aussi un espace de protection, de nutrition et d’avenir.
Willy M
