Réunis à Kinshasa Forum des médias Chine–RDC s’est ouvert ce mercredi 18 mars 2026, pour le premier Forum des médias Chine–RDC, responsables politiques et acteurs de la presse ont affiché une ambition claire : faire de la coopération médiatique un levier de souveraineté, d’influence et de développement économique dans un contexte de compétition informationnelle accrue .
Le premier Forum des médias Chine–RDC s’est ouvert à l’Hôtel Béatrice, sous le signe d’un partenariat stratégique renforcé entre la République démocratique du Congo et la Chine. Placée sous le thème de la modernisation et du développement partagé, cette rencontre marque une nouvelle étape dans le rapprochement entre les deux pays, avec les médias en première ligne.
Dès l’ouverture, le directeur général de l’Agence congolaise de presse (ACP), Bienvenu-Marie Bakumanya, a donné le ton en soulignant le rôle central de l’information dans les rapports de force internationaux. « La coopération médiatique est aujourd’hui un levier stratégique de souveraineté narrative », a-t-il insisté, appelant les agences de presse à produire une information fiable et compétitive à l’échelle mondiale.
Même convergence du côté chinois. Le directeur régional Afrique de l’Agence Chine nouvelle Xinhua, Ying Qiang, a salué le potentiel congolais et plaidé pour un partenariat tourné vers l’innovation. « La RDC avance avec assurance », a-t-il déclaré, mettant en avant l’urgence de renforcer les échanges technologiques, notamment dans les domaines du numérique et de l’intelligence artificielle, qui redéfinissent en profondeur les pratiques journalistiques.
Représentant le gouvernement, le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, a inscrit ces assises dans la continuité du partenariat stratégique global scellé après la visite présidentielle en Chine en 2023. Pour lui, les médias sont désormais un instrument diplomatique à part entière. « La coopération médiatique participe à la valorisation de nos relations bilatérales et à la promotion d’une information responsable », a-t-il affirmé, évoquant également les défis liés à la guerre informationnelle.
Dans la même dynamique, le ministre d’État en charge de la Justice, Guillaume Ngefa Atondoko, a rappelé que la maîtrise de l’information est devenue un enjeu de gouvernance. « Chaque État doit être capable de défendre la vérité des faits et de protéger son image », a-t-il déclaré, soulignant que la fiabilité de l’information conditionne à la fois la liberté de la presse et la stabilité institutionnelle.
Au-delà des enjeux politiques, l’impact économique a également été mis en avant. Le Vice-Premier Ministre en charge de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, a insisté sur le lien entre image médiatique et attractivité du pays. « Une information crédible renforce la confiance des investisseurs », a-t-il soutenu, estimant que le développement passe aussi par la qualité du récit national.
Ce forum, qui réunit responsables politiques, diplomates, médias et acteurs économiques des deux pays, se poursuivra avec plusieurs panels consacrés à la coopération économique, à la transformation numérique, ainsi qu’aux questions de sécurité et de régulation.
Entre échanges stratégiques et diplomatie d’influence, Kinshasa et Pékin affichent une ambition commune : faire des médias un pont durable entre leurs peuples et un outil clé pour peser dans l’ordre informationnel mondial en pleine mutation.
Willy M
