La guerre qui oppose actuellement les États Unis aux pays du Golfe est de nature à faire craindre le pire quant à ses répercussions dévastatrices sur les économies des pays de la planète. Les dirigeants politiques, notamment ceux du continent africain sont conscients de ce danger. De son côté, la RD Congo n’est pas en reste. Pour ce faire, la Première ministre Judith Suminwa, qui a saisi la balle au bond, a pris un train de mesures en vue d’anticiper les effets dévastateurs du choc de cette situation et partant, protéger le pouvoir d’achat de la population conformément aux instructions du Chef de l’État, Félix Tshisekedi.
Ce faisant, elle ne s’est pas fait prier deux fois avant d’instruire les membres du Gouvernement sur des mesures dérogatoires à prendre par rapport à l’éventuel impact de cette guerre sur l’économie congolaise.
Le plus ordinairement possible, les tensions dans le Moyen-Orient ne manquent pas de répercussions à la fois économiques et humanitaires à travers le monde. Raison pour laquelle la Cheffe du gouvernement a instruit le Vice-premier ministre en charge de l’Economie nationale, la ministre d’Etat en charge des Hydrocarbures et le ministre des Finances de prendre « toutes les dispositions utiles afin de suspendre le principe de plafonnement du différentiel de transport pour une durée de 45 jours ». Cette suspension, il faut le dire, devra être encadrée par la magie de la réduction des taxes.
De ce fait, il nous revient qu’en dépit de la suspension temporaire du principe de plafonnement qui permet à l’Etat de limiter le surcoût et l’impact sur les prix à la pompe, la Première ministre s’est assurée que le Gouvernement garde la main pour protéger le pouvoir d’achat des Congolais. Ainsi, à travers ses instructions, la Première ministre demande la suspension des redevances et la réduction des taxes perçues par les services de l’Etat à la frontière. Un mécanisme ingénieux qui consiste à garantir l’équilibre en cédant temporairement sur le principe de plafonnement, d’une part, et conditionnant les fournisseurs d’autre part.
Quid des mesures dérogatoires au profit de la population ?
Selon une dépêche de la Primature consultée par La Percée, Il s’agit pour les membres du Gouvernement concernés de prendre des mesures dérogatoires visant à préserver l’approvisionnement régulier de la République Démocratique du Congo en produits pétroliers et ce, à des coûts raisonnables, en dépit de cette crise conjoncturelle.
Concrètement ces mesures, qui feront l’objet d’une évaluation à la fin de l’échéance, sont envisagées dans le but de maîtriser le choc exogène dû à la guerre au Moyen-Orient;
d’alléger les charges sur les produits pétroliers par les structures de l’État commises aux frontières nationales;
de se rassurer de l’effectivité des produits pétroliers en transit du Kenya vers l’Est du pays et de la Tanzanie vers le Sud, mais aussi de maîtriser le fret et les assurances dans la fixation du prix moyen frontière (PMF) ou coût moyen du produit lorsqu’il arrive à la frontière du pays, avant sa distribution à l’intérieur. Cela dit,
il importe de rappeler qu’à l’occasion de la tenue de la 82 ème Réunion du Conseil des ministres du 13 mars dernier, le Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi, avait attiré l’attention des membres du Gouvernement sur l’évolution récente de la situation géopolitique
internationale, notamment les tensions au Moyen-Orient, qui commencent déjà
à affecter les marchés énergétiques et financiers mondiaux.
« Même si notre économie demeure globalement résiliente, cette conjoncture exige vigilance, cohésion et réactivité. Il apparaît dès lors nécessaire que le
Gouvernement adopte une approche anticipative et coordonnée afin d’atténuer les effets de ces chocs externes, de préserver la stabilité macroéconomique et
de protéger le pouvoir d’achat de nos concitoyens », avait instruit le Chef de l’Etat. Et d’expliquer que
le détroit d’Ormuz et le canal de Suez par lesquels transitent respectivement 20% et 10 % de la production mondiale d’hydrocarbures, est bloqué en raison de la guerre, perturbant ainsi le circuit d’approvisionnement mondial. Et l’Afrique n’est pas en reste.
Pas de panique
Malgré ce tableau, le Gouvernement congolais tient à rassurer l’opinion que la situation actuelle de l’approvisionnement en produits pétroliers demeure globalement maîtrisée, d’autant plus que les stocks disponibles permettent d’assurer la couverture des besoins actuels du pays jusqu’au mois de juin, tandis que plusieurs navires transportant des
cargaisons de produits pétroliers sont attendus dans les prochaines semaines afin de renforcer les niveaux de stockage et de garantir la continuité de la distribution sur le marché intérieur. Comme quoi, la population n’a aucune raison de paniquer quant à l’approvisionnement du pays en produits pétroliers, à en croire le gouvernement.
Vanique de Samuel
