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Répondant aux cris des lamentations de l’Église et pour apaiser le malaise social à Kisantu: Judith Suminwa s’investit dans la réhabilitation de la RN16 en ruine

La Première Ministre de la RDC, Judith Suminwa, a accordé jeudi 19 février 2026 à Kinshasa, une audience à l’évêque de Kisantu, venu porter le plaidoyer des populations de son diocèse. Au centre des échanges : la dégradation des conditions sociales dans la région et l’état critique de la Route nationale 16, axe vital pour l’économie locale.
Reçu à Kinshasa par la Première Ministre, Judith Suminwa, l’autorité catholique de Kisantu a alerté sur l’effondrement des infrastructures routières et la précarité croissante des populations.
Il s’agissait de la première rencontre entre les deux personnalités.
Au-delà d’une simple audience, la rencontre met à l’épreuve la promesse gouvernementale de relancer les routes rurales pour soutenir l’économie locale.
Une audience sous le signe de l’urgence sociale.
Le prélat a expliqué avoir voulu transmettre directement à la Cheffe du gouvernement les difficultés vécues par la population, mais aussi celles rencontrées par l’Église dans ses missions sociales et pastorales dans l’ancien district de Lukaya.

RN16 : une artère stratégique quasiment hors service

Parmi les priorités soulevées, la RN16 s’impose comme le symbole du décrochage économique local. Selon l’évêque, la route est aujourd’hui presque impraticable, empêchant l’acheminement normal des produits agricoles vers les centres urbains.
Cette situation décourage progressivement la production paysanne. Faute de débouchés fiables, de nombreux habitants abandonnent les cultures vivrières. Le charbon de bois reste ainsi le principal produit écoulé, car plus résistant au transport sur des routes dégradées — une dynamique qui accélère la déforestation et fragilise les perspectives de développement durable.
Routes agricoles défaillantes, économie asphyxiée

Il n’y a pas que la RN16

Au-delà de la RN16, le réseau des routes de desserte agricole est lui aussi fortement détérioré. L’absence d’infrastructures praticables bloque la relance agricole et accentue la pauvreté des ménages ruraux.
Le prélat a insisté sur l’incohérence d’un modèle économique reposant sur la production de braise plutôt que sur l’agriculture, plaidant pour des solutions structurelles capables de relancer durablement l’activité rurale tout en protégeant l’environnement.
Face à ces préoccupations, la Cheffe du gouvernement aurait affiché une volonté d’apporter des réponses concrètes. Une interpellation politique pour le gouvernement.
Cette audience intervient alors que l’exécutif met en avant la modernisation des infrastructures comme levier de croissance en République démocratique du Congo.
Le programme gouvernemental prévoit notamment la réhabilitation et l’entretien de milliers de kilomètres de routes de desserte agricole chaque année dans les territoires du pays. Reste désormais à traduire ces engagements en réalisations visibles.
Pour les habitants de Kisantu et de la Lukaya, l’enjeu est clair : que cette rencontre ne demeure pas symbolique, mais qu’elle marque le point de départ d’une réponse concrète à une crise qui dure depuis des années.

Mauricette KD

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